La fin de la citoyenneté par investissement ?
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La fin de la citoyenneté par investissement ?

La fin de la citoyenneté par investissement ?
06 févr. 2026

Les programmes de citoyenneté par investissement (Citizenship by Investment, CBI) permettent à des personnes fortunées d’acquérir une nouvelle nationalité, souvent avec des exigences minimales de résidence ou de langue. Autrement dit : ces « deuxièmes passeports » sont accordés par de petits États en échange de capitaux ou d’investissements.

Cette voie rapide vers le passeport peut certes renforcer l’économie d’un pays, mais elle attire aussi des criminels et des acteurs corrompus. Les autorités internationales de surveillance ont averti à plusieurs reprises que les programmes CBI, souvent aussi appelés « Golden Passport », sont détournés pour blanchir de l’argent ou dissimuler des identités. Un rapport récent du GAFI/OCDE constate que la vente de citoyennetés peut favoriser la croissance économique, tout en constituant une porte d’entrée de plusieurs milliards pour le blanchiment d’argent, le contournement des sanctions et la dissimulation d’avoirs illicites.

Les passeports CBI sont considérés par les banques et les autorités de régulation comme un facteur à haut risque. Ils proviennent souvent de pays aux règles anti-blanchiment plus faibles ou soumis à des pressions politiques pour accepter les investisseurs le plus facilement possible. Ainsi, le gouvernement britannique a déclaré publiquement que les programmes CBI de la Dominique et du Vanuatu avaient été « clairement détournés » et que des citoyennetés avaient été accordées à des personnes représentant un risque pour le Royaume-Uni.

En pratique, cela signifie que : lorsqu’une personne se présente auprès d’une banque avec un second passeport de Saint-Kitts ou de Malte, les équipes de conformité redoublent d’attention. Ces clients sont souvent classés comme à risque, des justificatifs étendus sont exigés et un examen approfondi est mené.

Comment fonctionnent les programmes CBI et quels pays sont concernés

Dans le cadre d’un programme CBI, une personne investit dans l’économie d’un pays, par exemple via un don à l’État, l’achat de biens immobiliers, d’obligations ou d’autres formes d’investissement autorisées, et obtient en contrepartie la citoyenneté.

Les pays suivants font actuellement l’objet d’une surveillance accrue en lien avec les doubles citoyennetés :

Antigua-et-Barbuda, Dominique, Grenade, Saint-Kitts-et-Nevis, Sainte-Lucie, Vanuatu et la Turquie.

Plusieurs États ont depuis mis fin à leurs programmes, notamment Malte, Chypre, la Bulgarie et le Monténégro.

Parallèlement, certains pays ont lancé de nouveaux programmes ou prévoient de le faire : l’Argentine (à partir de 2026, env. 500 000 USD pour un passeport donnant accès à l’espace Schengen), le Botswana (début 2026, env. 75 000 USD de don), le Salvador (depuis 2023, 1 million USD en cryptomonnaie pour accéder à plus de 130 pays sans visa) ainsi que São Tomé-et-Príncipe (depuis août 2025, env. 90 000 USD de don).

Ces pays se situent pour la plupart en dehors de l’influence directe de l’UE, mais pourraient eux aussi faire l’objet d’une surveillance réglementaire renforcée.

Blanchiment d’argent, due diligence et risque pays

Les seconds passeports issus d’États CBI sont considérés comme un signal d’alerte en matière de prévention du blanchiment d’argent. Le blanchiment d’argent signifie, de manière simplifiée, que des fonds acquis illégalement sont déplacés via des transactions complexes afin de paraître légitimes.

Pour y faire face, les banques réalisent des contrôles dits Know Your Customer (KYC) ainsi que de l’Enhanced Due Diligence (EDD). Lorsqu’un client présente un passeport CBI, des questions supplémentaires sont régulièrement posées :

  • Plusieurs preuves d’identité : tous les passeports, pièces d’identité et documents de séjour sont vérifiés. Des incohérences — par exemple un passeport caribéen avec, en même temps, une résidence fiscale en Europe — soulèvent des questions.
  • Origine du patrimoine : le client doit expliquer de façon traçable comment le patrimoine a été constitué. Les banques exigent une présentation claire de la source de richesse.
  • Origine des fonds : pour les dépôts importants, des relevés de compte ou des justificatifs de transactions sont requis afin d’étayer la provenance des fonds.
  • Contrôles sanctions et médias : croisement avec les listes de sanctions, les listes PEP (personnes politiquement exposées) et les bases de données médiatiques internationales.
  • Cohérence fiscale : les informations fiscales doivent être cohérentes avec la nationalité et le lieu de résidence. Quiconque est officiellement citoyen d’un pays mais vit en réalité dans un autre et y paie des impôts doit pouvoir l’expliquer.

Même après l’ouverture du compte, une surveillance continue est mise en place. Des transactions inhabituelles ou de nouvelles informations négatives entraînent un nouvel examen.

Le message clé est clair : avec un second passeport, l’attention de la banque est accrue, et le client supporte la charge de prouver que le patrimoine et le contexte sont irréprochables.

Conclusion

Les seconds passeports obtenus via des programmes d’investissement offrent mobilité et flexibilité, mais comportent aussi des risques juridiques et financiers. Les banques et les régulateurs surveillent de près les détenteurs de tels passeports, notamment au regard du blanchiment d’argent ou de la dissimulation d’identité.

En termes simples : quiconque détient un « Golden Passport » doit s’attendre à ce que les banques demandent comment la citoyenneté a été obtenue et d’où provient le patrimoine. Sans documentation impeccable, cela peut vite devenir problématique.

Depuis 2026, on observe un durcissement net de la réglementation. Les interdictions de l’UE, de nouveaux mécanismes de contrôle et la coopération internationale visent à empêcher les abus. La transparence est donc déterminante. Des dossiers complets et des informations cohérentes sont indispensables, car les passeports CBI restent associés à une vigilance réglementaire accrue.

Avant de demander une seconde citoyenneté, réservez une consultation gratuite afin de comprendre quelles répercussions cela peut avoir sur vos relations bancaires et votre position de conformité à l’échelle mondiale.

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